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Reconstruire cette maison abandonnée

Par Matthieu Nantel

Au Québec, dans le milieu francophone, on peut dire que le protestantisme s’est développé, en grande partie, à partir des années 1960. Effectivement, à partir des études effectuées, les gens qui ont étudié l’histoire du protestantisme au Québec s’entendent pour dire que le Québec a connu un « réveil spirituel » durant les années 1960 à 1980. Cette période est caractérisée par un grand nombre de conversions surtout de gens catholiques pour devenir protestants. Il est intéressant, mise à part l’œuvre de Dieu, de comprendre tous les différents aspects sociaux et la situation du Québec, de cette époque, qui ont contribués à ce « réveil spirituel ». Cependant, je ne m’attarderai pas à tous les aspects de ce phénomène dans cet article, mais plutôt au rôle que la louange a joué dans ce « réveil » afin de permettre de comprendre d’où nous venons, où nous sommes rendus pour enfin déterminer où nous diriger.

Dans le livre Histoire du protestantisme au Québec depuis 1960, on peut lire :

« Au début des années 1970, la musique jouée dans toutes les Églises évangéliques au Québec adoptait un style assez traditionnel, se démarquant peu de celui du XIXe siècle. Les chants évangéliques (du Québec) ou Sur les ailes de la foi (de la France) contenaient plusieurs cantiques, traduits de l’anglais, des réveils précédents, ainsi que des psaumes du XVIe siècle et d’autres beaux chants contenant plusieurs versets bibliques.

Les nouveaux convertis, fréquentant les Églises évangéliques au Québec, voulaient exprimer leur joie avec des paroles et une musique contemporaines. Faute de musiciens formés dans les Églises, on interprétait les chants de différentes façons lors des cultes. Les pentecôtistes, plus sensibles aux émotions, ont été les premiers à tracer la voie du changement. Ils on apporté à la musique le rythme syncopé et des chœurs simples. En Acadie, une Église baptiste consacrait tout le samedi soir à la louange et à la musique. À Joliette, deux animateurs de radio se sont convertis et ont composé des cantiques évangéliques.

Satisfaire tout le monde fut difficile. Les pasteurs préféraient souvent les paroles profondes de sens et les hymnes traditionnels; les jeunes préféraient les chansons plus émotives et rythmées qui les émouvaient. Même les Églises qui conservaient un style plus traditionnel ont ressenti le besoin de prolonger leur période d’adoration et de chants. Le changement de style s’est fait assez vite et sans trop de heurs puisque la majorité des convertis souvent la majorité des membres d’une Église, faisaient partie de la nouvelle génération. La plupart des confessions aujourd’hui comptent certaines Églises locales dont l’animation des chants se fait au moyen de guitares et même d’une batterie. Même si certains responsables se plaignent du trop grand nombre de chœurs chantés, dont le contenu est plutôt simple, ils sont reconnaissants malgré tout de ce que la musique rend les gens réceptifs au message de l’Évangile.

La capacité qu’a la musique d’émouvoir ainsi que la place qu’elle occupe auprès des jeunes s’inscrivent comme des aspects significatifs de ce réveil. La musique évangélique contemporaine a attiré les gens de moins de 35 ans et ensuite elle a crée l’ambiance nécessaire pour retenir plusieurs à l’Église. On a évangélisé au moyen de concerts, ce qui était très populaire parmi les jeunes. Parfois, c’était avec des chants traduits en français (comme le groupe Adoration du milieu pentecôtiste qui interprétait les chants de Jesus Freaks de la Californie), mais les tournées du musicien professionnel Richard Toupin (des frères mennonites), qui avait ses propres compositions, étaient tout aussi populaires. Ce n’est pas la musique qui a déclenché le réveil, mais elle a contribué de manière indéniable à l’ampleur de la croissance de l’Église évangélique. Après le réveil, elle a continué à évoluer grâce à d’enthousiastes boomers.»

Depuis cette période, j’ai l’impression que la louange au Québec n’a pas su se développer autant qu’à l’époque de ce réveil. Pourtant, le Québec est toujours rempli de croyants et une vie chrétienne continue de se développer et de se vivre chaque jour. Par contre, la plupart des chants que nous interprétons dans le milieu francophone demeurent pour la plupart des chants provenant de l’Europe francophone et des traductions à partir de chants anglophones. Il y a encore beaucoup de chants qui sont interprétés dans nos Églises et qui proviennent de l’époque de ce « réveil ». Pourtant la musique a su évoluer ou changer depuis cette époque. Le style des années 80 n’est plus du tout le même que celui qu’on entend aujourd’hui à la radio. La situation du Québec a aussi beaucoup changée et n’est plus la même qu’il y a une vingtaine d’années. J’ai l’impression que la louange au Québec, et j’irais même jusqu’à dire que la louange francophone est semblable à une maison abandonnée. Une structure a été construite durant les années 1960 à 1980 pour ensuite être délaissée. Les gens ayant composé des chants au Québec depuis les années 1980 se comptent sur les doigts de la main. Depuis, cette maison n’a su qu’accumuler la poussière et se maintenir debout. Il est donc de notre devoir d’entreprendre les travaux nécessaires pour restaurer et conserver cet aspect important de la vie chrétienne qu’est la louange.

Pour ce faire, nous devons nous efforcer de rafraîchir les chants déjà existants par de nouveaux arrangements et par de nouvelles sonorités. De plus, il est de notre devoir d’amener et de créer de nouvelles mises en scène, d’utiliser les nouvelles technologies, le multimédia par exemple, les arts visuels et des histoires actuelles et toutes autres formes artistiques qui, à travers un temps de louange, pourront permettre aux gens de découvrir ces chants et, par le fait même Dieu, à la lumière d’une nouvelle perspective. Évidement, l’idéal est de créer de nouveaux chants qui nous sont propres. Nous devons composer des chants qui nous ressemblent et auxquels les gens d’aujourd’hui pourront s’identifier. Nous devons prendre le temps de choisir les termes que nous utiliserons pour que ces chants puissent aider les gens à comprendre le message de Dieu de façon claire et précise. Nous devons utiliser tout ce qui est à notre portée pour être en mesure de glorifier Dieu d’une manière contextuelle et adaptée à notre situation d’aujourd’hui pour ainsi dévoiler toute la vérité qui découle de ce qu’Il est et de ce qu’Il fait dans nos vies.
 
Ce qui est intéressant, c’est l’infinité des possibilités qui s’offre à nous. D’abord nous avons pratiquement le champ libre en ce qui concerne les thèmes et les sujets, car peu de chants, comparé à ceux des anglophones, ont été traités jusqu’à maintenant. De plus, il y a beaucoup de place pour les artistes, car sont peu nombreux ceux qui réussissent à faire connaître leurs chants à travers les différentes Églises. Il y a aussi le fait que tout le monde peut participer à ce projet de rénovation de la louange et que chacun peut contribuer à l’avancement de ce ministère. Étant donné le peu de ressources disponibles dans nos Églises, nous nous devons de s’entraider les uns les autres et de voir à se former. Nous devons prendre l’exemple de Jésus qui a concentré une grande partie de son ministère à former ses douze disciples pour qu’eux puissent ensuite en former d’autres. Nous devons avoir cet esprit de service chacun à notre niveau pour ainsi faire avancer ce projet et former de plus en plus de ressources. Ce qui est aussi encourageant est de savoir que louer Dieu, c’est ce que nous feront pour l’éternité dans sa présence et que de contribuer à ce projet dès maintenant contribue à  lui ouvrir notre cœur et à chercher à l’adorer dans tout ce que nous entreprenons chaque jour.

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